• LES PANTHÈRES ROSES LANCENT UN AVIS DE RECHERCHE D'UNE POLITIQUE

    http://www.pantheresroses.org/rubrique.php3?id_rubrique=54

    Le 6 décembre, les Panthères roses ont interpellé les personnalités
    politiques de gauche candidates potentielles à l'élection présidentielle
    de 2007, en leur adressant un courrier contenant un glossaire (ci-joint
    et ci-après) précisant les définitions de termes trop souvent galvaudés
    dans les discours électoralistes. Elles rendent public leur avis de
    recherche en lançant une campagne d'affichage.

    En effet, elles ont constaté qu'entre charter et karcher, les débats
    engagés pour les échéances électorales de 2007 et les orientations que
    prennent les politiques sont à mille lieues des inégalités et des
    urgences sociales...

    N'en déplaise aux aficionados de la République miracle ou du libéralisme
    sauvage, aujourd'hui être une femme, un pédé, une gouine, unE trans
    c'est concrètement être exposéE à la violence physique, verbale et
    institutionnelle de la société française. Etre immigréE ou "d'origine",
    c'est être considéréE comme des criminels, des racailles à karchériser.
    Travailler c'est se plier aux saintes valeurs de la précarité et de la
    flexibilité ou crever.

    Les Panthères roses sont lasses de constater que les sujets traités par
    les politiques de tous bords sont de plus en plus à droite de la droite
    et que tout le monde chasse sur les terres de l'extrême droite
    (immigration, sécurité, valeur, travail, etc.).

    Elles luttent afin qu'émerge un réel discours de gauche qui place au
    coeur de ses priorités l'égalité des droits quel que soit le genre,
    l'orientation sexuelle ou l'origine ethnique, qui affirme que
    l'immigration n'est pas un problème et prône une politique volontariste
    de redistribution des richesses.

     >> Télécharger l'avis de recherche et le glossaire pour impression
    (PDF, 219 Ko) :
    http://www.pantheresroses.org/IMG/pdf/AvisGlossaire.pdf

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    [GLOSSAIRE]
    Bien des termes qui fleurissent en ces temps de campagne électorale sont
    galvaudés... Retour sur quelques notions-clés.

    SÉCURITÉ / INSÉCURITÉ
    Au coeur de la campagne électorale de 2002, elle se profile comme la
    star de celle de 2007. C'est surtout l'occasion de stigmatiser certainEs
    individuEs par l'évocation de fantasmes populaires, le recours à la peur
    et l'étalage de faits divers à la "Une" des journaux. C'est ainsi le
    moyen de prôner des politiques toujours plus racistes et plus
    liberticides en focalisant l'opinion publique sur la crainte des jeunes
    et des immigréEs. C'est également un prétexte fallacieux pour renforcer
    la répression policière, restreindre les libertés et mater les
    mouvements sociaux.

    IMMIGRATION
    Les principaux courants politiques traitent, sur les pas de Le Pen,
    l'immigration comme un "problème". En quoi l'immigration serait-elle un
    problème en soi ? Pourquoi la liberté de circulation devrait-elle être
    réservée aux seuls citoyenNEs de l'Union européenne ? Plus ou moins
    explicitement, l'immigré est désigné comme responsable de tous les maux
    (chômage, insécurité, bruit, odeur...). Bizarrement, qu'il ou elle soit
    étrangère ou française, l'immigréE est souvent décrit comme arabe ou
    noir ou "d'origine", mais jamais américain ou belge... L'aboutissement
    de cette logique se traduit en 2005 par l'apparition de l'"immigration
    choisie", loi cynique de Sarkozy centrée sur la rentabilité économique
    de l'individu, bon à jeter une fois sa "mission" terminée.
    Et puis, c'est un peu gonflé quand même de la part des pays du Nord de
    vouloir restreindre l'immigration après avoir pillé les ressources de
    l'autre moitié de la planète, non ? Certains voudraient même continuer à
    voir dans la colonisation un bienfait pour des populations qui selon la
    république française étaient sans culture avant 1830... Arrêtons de
    stigmatiser des populations issues de l'immigration, des minorités
    culturelles et religieuses en niant leur histoire et leur mémoire (cf.
    Valeurs républicaines).

    DROITS DE L'HOMME
    Terme obsolète qui doit être remplacé par "droits humains". On pourrait
    croire que dans le "pays des droits de l'homme", touTEs les humainEs
    sont égalEs en droit. Que nenni ! Le terme est vidé de sens dans un pays
    qui restreint le droit d'asile et précarise les droits sociaux, seuls
    garants de l'autonomie de chacunE (cf. Services publics). L'enjeu des
    droits humains serait de garantir l'égalité des droits que l'on soit
    homo, trans ou hétéro, femme ou homme, avec ou sans papiers, qu'on soit
    malade ou en bonne santé, qu'on soit issu d'un "quartier" ou d'un autre,
    seul, en couple ou a plus. L'utilisation de termes miroirs comme
    "égalité des chances" permet de noyer le poisson et de ne surtout pas
    parler de droits.

    SEXISME / LESBO-TRANS-HOMOPHOBIE
    Système qui veut faire croire que les hommes seraient supérieurs aux
    femmes, qu'ils seraient "naturellement" virils et rationnels et que leur
    "complément naturel", les femmes, seraient douces, maternelles et
    intuitives. Les trans seraient par conséquent atteintEs d'une pathologie
    grave, puisqu'elles-ils ne rentrent pas dans ces deux catégories figées.
    Ce système prescrit également l'hétérosexualité pour touTEs, la
    reproduction en étant le but ultime. Il stigmatise donc les gouines, les
    trans et les pédés et touTEs celLEs qui dévient de la norme du couple
    hétérosexuel reproducteur. Bien obligé de reconnaître que celles-ci
    existent et perdurent malgré tout, l'hétérosexisme se concentre sur leur
    maintien comme citoyenNEs de seconde zone exclues du mariage et de la
    filiation. Il s'assure de leur invisibilité dans les programmes
    scolaires, dans l'Histoire, dans la sphère publique.
    Assurer l'égalité des droits et reconnaître la diversité des genres et
    des sexualités ne changerait rien au taux de natalité et à la "survie de
    l'humanité" mais permettrait d'éviter que les gouines, les trans et les
    pédés se fassent régulièrement insulter, déprécier, tabasser, assassiner...

    ORDRE
    Conception de la société fondée sur l'idée qu'il faudrait toujours plus
    de règles et d'interdits. Valeur de droite reprise par Royal (ah,
    l'"ordre juste" !) qui voudrait nous faire croire que ce pourrait être
    une valeur de gauche. Décliné en mode "moral", "naturel" ou
    "symbolique", il sert surtout à restreindre nos libertés et entraver nos
    jouissances. L'ordre est un outil de contrôle social au service des
    dominants qui en édictent les règles.

    INTÉGRATION
    UnE bon immigréE serait celui-celle qui fait la preuve de son
    intégration, c'est-à-dire qui renie sa culture pour ne pas se distinguer
    d'un modèle national figé, qui lui, refuse tout nouveau souffle.
    "IntégréE" ou pas, il ou elle se verra néanmoins toujours rappeler
    qu'elle ou il est avant tout d'origine étrangère... Les exigences
    d'intégration concernent également celle-celui qui n'a pas la bonne
    religion, la bonne sexualité, la bonne morale, etc.
    D'ailleurs, tout regroupement de personnes qui oserait s'affirmer,
    revendiquer des droits sera taxé de "communautarisme" et donc d'esprit
    anti-républicain (cf. Valeurs républicaines).

    EMPLOI
    L'enjeu est de réduire le chômage, pas ses statistiques (radier les gens
    ne leur donne pas un emploi !). Relancer la consommation n'y changera
    rien, si l'on ne change pas la répartition des profits. On ne veut pas
    plus de "valeur travail", on veut vivre mieux ! Renforçons les droits
    des salariéEs, pas la flexibilité.

    SERVICES PUBLICS
    Les services ne sont pas faits pour être libéralisés et faire du profit.
    Ils doivent assurer à touTEs un accès égalitaire à l'éducation, à la
    santé, à la retraite, à un logement décent, à la culture, etc. La
    privatisation n'est pas une fatalité et les politiques peuvent s'y
    opposer. Certains services publics comme l'armée et la police ont pris
    beaucoup trop d'importance. Leurs budgets seraient utilement répartis
    dans les services précités.

    FAMILLE
    Présentée comme la "cellule de base de la société", idéalement composée
    d'un père et d'une mère, mariés, avec des enfants, au mépris de toute
    autre combinaison possible. Pratique pour remplacer les solidarités
    collectives de plus en plus privatisées (cf. Services publics)... Mais
    quand t'es seulE, que t'as pas de famille, ou que t'en veux pas, ou
    qu'elle t'a foutu dehors, tu crèves ?
    C'est également le lieu favori de l'expression et de l'apprentissage du
    sexisme et de la haine des gouines, des trans et des pédés (cf.
    sexisme/lesbo-trans-homophobie).
    À droite, « le modèle doit rester celui d'une famille hétérosexuelle :
    les enfants ont besoin d'un père et d'une mère » (Sarkozy, Le Figaro,
    02/09/06). La plupart des partis de gauche sont pour l'ouverture du
    mariage et de l'adoption aux couples de même sexe. Qui abolira le-la
    premierE ce privilège de l'hétérosexualité qu'est le mariage ?

    NATALITÉ
    Crainte pour le vieillissement de la population, pour la croissance
    économique, L'Etat appelle à la régénération des forces vives de la
    nation. Les politiques natalistes ne seraient pas si alarmistes si elles
    n'avaient pas pour but non avoué de préserver le caractère occidental de
    la population et la subordination des femmes (cf. Sexisme).

    VALEURS RÉPUBLICAINES
    Valeurs basées sur les principes de laïcité, "liberté, égalité et
    fraternité". Principes pertinents (sauf "fraternité" qui serait
    avantageusement remplacé par "solidarité") si ce n'est que leur
    utilisation systématique est un prétexte pour faire taire tous ceux et
    celles qui n'entrent pas dans le moule du dominant (cf. Intégration). Le
    spectre de la division, du communautarisme, n'est qu'une diversion pour
    ne pas toucher aux privilèges de l'homme blanc hétérosexuel chrétien
    riche et en bonne santé.

    SEXE / SEXUALITÉS
    Absent des politiques. Tabou. Sale. Sacré. L'ordre moral se renforce en
    France qui chasse les prostituéEs au lieu de chasser leurs souteneurs
    (cf. Ordre) et aborde la sexualité principalement sous l'angle du couple
    et de la reproduction. Une éducation non moraliste aux sexualités dans
    les établissements scolaires dès le collège permettrait à chacunE de se
    forger une sexualité sans risques, autonome et épanouie. N'y aurait-il
    pas moins de violences sexuelles, moins de situations de mal-être, moins
    de comportements à risques, si le sexe était moins tabou ?
    Quant aux campagnes de prévention du sida et des autres infections
    sexuellement transmissibles, elles ne sont pas à la hauteur de l'urgence
    de la situation sanitaire, qui nécessite une réinscription massive et
    explicite dans les espaces publics de l'usage du latex et en particulier
    du préservatif.

    LUXE
    Le luxe pour touTEs ! Pour que ce ne soit plus le privilège des riches.

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